Itinéraire d’un tueur en série : du fait divers au mythe
- Roberto Succo est un schizophrène qui a tué ses parents à dix-neuf ans. Par la suite, il s’échappe de l’hôpital dans lequel il est interné. Il se livre au vol et au viol, agresse plusieurs personnes et en tue cinq, dont plusieurs policiers. Il est finalement arrêté en Italie.
- La pièce de Koltès (1990) donne lieu à de vives polémiques puisque Koltès semble prendre la défense d’un meurtrier dont les crimes sont encore récents et frais dans les mémoires.
- La pièce est composée de 15 scènes, souvent constituées de longs monologues et présentant assez peu d’actions.
- Koltès explique que son intention était de faire de ce personnage un mythe.
Roberto Zucco est le seul personnage de la pièce désigné par son nom, cette focalisation contribue à la formation du mythe.
Certaines scène ont pour titre le nom de personnages mythiques.
Le manque de précisions sur les lieux contribue aussi à l’élaboration du mythe.
- Roberto Zucco s’apparente au héros tragique, déchiré par la violence et la folie.
Portraits d’un être insaisissable
Le sens de ses actes et la responsabilité : le problème de l’origine de la violence
- Aucune raison n’est avancée pour expliquer les différents crimes de Roberto Zucco, et il faut donc se livrer à un travail d’interprétation en relevant les indices disséminés dans le texte.
- La folie et la fragilité du personnage peuvent constituer la première hypothèse à l’origine de la violence de Roberto Zucco, qui fuit son identité.
- La différence du personnage semble cependant venir de l’intérieur autant que l’extérieur. Il évolue dans un monde absurde, souvent violent et égoïste et l’exprime à travers un discours nihiliste.
- Les actes de Zucco peuvent également être vus comme un affirmation absurde de sa liberté. Ses meurtres sont dénués de motifs, comme son existence.
- Ce dénuement qui caractérise la vie de Zucco, se retrouve dans l’écriture des répliques elles-mêmes.
- À la fin de la pièce, Roberto se présente comme un être fondamentalement libre. Ni fou ni cruel, il fait ce qu’il a à faire, c’est-à-dire vivre et avancer en suivant l’ordre des choses. Le dénouement montre cependant que ce destin est destructeur plutôt que raisonnable, et que c’est vers sa propre mort que Roberto Zucco se hâte.